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Appartenance politique, le grand pèche des chefs traditionnels de l’ouest ? Pour quoi ?
A la question du pourquoi, il faut remonter à l’époque coloniale pour mieux appréhender l’hostilité manifeste vis-à-vis de certains chefs traditionnels partisans qui ont décidés de s’arrimer à la modernité. En effet, la défaite de l’Allemagne en 1918 a eu pour conséquence la partition du Cameroun entre la France et la Grande Bretagne dans le cadre du mandat de la société des nations puis de la tutelle organisée par l’ONU. En fait le pouvoir colonial s’est alors appuyé après leur pacification sur les autorités traditionnelles pour l’administration des colonies. Les chefs traditionnels ont joué un rôle d’auxiliaire de l’administration coloniale. Dans le cas du Cameroun sous administration française, un arrêté du gouvernement français en date du 4 février 1933 a fixé le statut des chefs coutumiers et un ensemble de textes subséquents a organisé la collaboration des chefs traditionnels avec l’administration déployée par la métropole. De nos jours avec l’avènement de l’Etat-nation des chefs traditionnels au Cameroun continuent à jouer pleinement leur rôle de relai ou d’auxiliaire de l’administration. Un récent décret du chef de l’Etat en date du 13 septembre 2013 modifiant certaines dispositions du décret du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles fixe désormais les montant des allocations accordées aux chefs traditionnels de 1er, 2ème et 3ème degré. Il s’agit d’un texte qui marque la reconnaissance du président de la république pour le rôle essentiel d’auxiliaire de l’administration de notre pays.
Les montants affranchis de l’impôt sont fixés ainsi qu’il suit :
L’on ne serait attendu à ce que ces nouvelles reformes viennent renforcer l’autorité des chefs locaux. Beaucoup pour avoir pris fait et cause pour tel ou tel parti politique s’attire les foudres des populations locales. Et comme conséquence, beaucoup sont méprisés, lynchés ou chassés ou encore bannis de leur localité car d’aucuns estiment que le chef ne devrait pas avoir de parti pris pour ne pas favoriser tel ou tel candidat notamment pour ce qui est des élections. Cette neutralité ou impartialité devrait transparaitre à aussi bien dans leurs discours que dans leurs actions. Pour avoir franchi la ligne rouge ou brisé l’interdit, beaucoup de chefs traditionnels de l’ouest récoltent aujourd’hui les méfaits de leurs agissements ; une attitude qui contraste avec celle de leurs homologues de la partie anglophone ou certaines autorités traditionnels ont opposé leur refus par rapport à l’autorité administrative qui les invitaient au tout dernier défilé du 20 mai tout en leur recommandant de rassembler leur population pour la cause. Même si l’on ne peut comprendre cette prise de position, l’on se demande si au moment où le Cameroun traverse une grande diversité de difficultés politiques si les chefs traditionnels devraient toujours continuer de revêtir leurs apparences conservatrices au lieu de faire preuve d’une certaine flexibilité et d’une certaine adaptabilité pour la concorde nationale car ne l’oublions pas, cette souplesse peut être tributaire aux caractéristiques d’une nouvelle « race » de chefs traditionnels influents qui du fait de leur expérience politique et des professions modernes qu’ils ont exercés, ne sont des chefs traditionnels que dans la mesure où ils prétendent tenir leur légitimité et leur autorité d’institutions et de coutumes très anciennes. On n’oubliera pas aussi d’un autre coté que cette flexibilité et adaptabilité sont devenues un mécanisme de survie fondamentale pour les chefs traditionnels considérés à titre individuels aussi que pour les chefferies en général.
Léopold Bibou.